Université Critique de Psychiatrie

Publié le par UTOPSY

  Cette année, l'association Utopsy s’est engagée dans un projet commun avec 3 autres associations : Pratiques de la folie, les CEMEA et La Parole Errante, afin de mettre en place une « Université critique de psychiatrie ».

  A l’inverse d’un lieu de dispensation d’un savoir constitué, une université critique se veut un lieu de discussion, de mise en tension, d’élaboration autour de thèmes cruciaux de notre champ.

  La première journée se tiendra le mardi 17 novembre sur le thème de l’autisme. La matinée verra intervenir Roger Ferreri, psychiatre et chef de service d’un secteur infanto-juvénile  de l’Essonne, sur les questions soulevées par le fait même de l’autisme. L’après-midi Pedro Serra, pédo-psychiatre à Bondy, orientera la réflexion sur le sujet des adultes autistes.

  Une deuxième journée est prévue le mardi 15 Décembre sur le thème des soins sous contrainte.

  Ces journées (9h30-16h30) auront lieu à Montreuil, à la Maison de l’arbre, 9 rue François Debergue, métro croix de chavaux ligne 9. L’inscription est de 10 euros pour les étudiants, 50 euros pour les autres avec possibilité d’une prise en charge « formation continue ».

  Voici une rapide présentation des  3 autres associations (chacune a un site internet) :

  L’association Pratiques de la Folie propose un séminaire à la CMME et un colloque annuel sur le thème suivant cette année : « singulier/collectif ».

  Les Cémea (Centres d'Entrainement aux Méthodes d'Education Active) sont un organisme de formation existant depuis 1937  issu des idées de l’Education nouvelle.

  La parole errante est un centre de création issu de la rencontre d’un auteur, Armand Gatti, d’une réalisatrice, Hélène Châtelain, d’un  réalisateur, Stéphane Gatti, d’un producteur, Jean-Jacques Hocquard, travaillent ensemble depuis plus de 35 ans, qui ont créé des structures dans le but d’associer dans une production artistique l’écriture, le théâtre, la musique, la peinture, la vidéo et le cinéma.

 
Tout ce qui concerne l’inscription est sur la plaquette disponible ici :
http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article6693

Utopsy



UNIVERSITÉ CRITIQUE DE PSYCHIATRIE

Introduction à la journée du 17 novembre 2009

 

L’autisme, décrit par Kanner en 1943, participe d'un constat ouvrant sur une hypothèse : les difficultés pour certains enfants pour établir, dans leur développement, une relation avec les autres ne s’expliquent pas en construisant une théorie déficitaire mais témoignent d’une qualité différente dans l'établissement des rapports au monde. La même année, Asperger en Autriche, décrit 4 cas d’enfant possédant des potentialités étonnantes, qui pour autres, n’en méritent pas moins attention et respect dans cette période où les « anormaux » ne sont que des déchets relevant d’une extermination industrialisée.

D’emblée, l’autisme infantile précoce apparait au centre d’un enjeu sociétal : la folie qui apparait dès l’enfance témoigne-t-elle d’un envahisseur trouble qu’il faut combattre ? Ou bien témoigne-t-elle des limites de la signification humaine qu’il convient avant tout d’accueillir ?

L’enjeu sous couvert de la clinique et de son enseignement est politiquement sensible :

-     soit les sciences humaines sont bornées par une politique du vivre ensemble posant la question d’une certaine idée du singulier et de la liberté dans l’accueil et le soin envers l’altérité ;

-     soit les sciences humaines sont convoquées pour établir « un organe scientifique de la raison » adapté à un projet politique de gestion procédurale des hommes. Peu importe ici la « magnificence » du projet : un petit nombre assoit son pouvoir sur les autres par un savoir incontestable sur le déficit. L’autisme peut ainsi servir de théorie pour un modèle expérimental de rééducation des hommes au nom d’une part manquante pour ne pas dire maudite.

 

De cela, l’enseignement en lui-même, est insuffisant pour en rendre compte.

Aucune clinique ne peut s’imposer comme telle, comme si la « perfection » de sa technique de recueil la dispensait de rendre compte des alliances qu’elle construit sous le manteau.

Que cette clinique de la « folie silencieuse de l’enfant » se présente parée de la psychanalyse ou du lésionnel ou du handicap, à prétendre parler au nom de cette personne qualifiée d’autiste, jusqu’où cette clinique participe-t-elle de la promotion de la figure de la majorité silencieuse ?

N’y faut-il d’un coté le débat politique et de l’autre un espace d’échappée pour le sujet ? Qu’est-ce que la clinique ?

En tout cas cela mérite de faire dispute voire institution.

  

Texte de Roger FERRERI

 

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