Prochaine rencontre du seminaire utopsy le 12 janvier 2009

Publié le par UTOPSY

La prochaine rencontre UTOPSY aura lieu le lundi 12 janvier, à 20h30, au 27 rue des Bluets à Paris, métro Ménilmontant ou Père Lachaise.


Pour commencer cette nouvelle année 2009, Utopsy continue d'explorer le rapport du clinique au politique en s'intéressant à d'autres horizons culturels, à d'autres manières de soigner.

 

Confronté à la clinique quotidienne, il est une évidence que l'on oublie souvent: il existe d'autres "cliniques ailleurs", d'autres arts de guérir, qui, bien souvent (et non sans paradoxes) cohabitent avec le modèle médical promulgué par l'OMS. Si ce champ problématique est typique de l’ethnopsychiatrie (Devereux) et, en général, du débat des anthropologues avec les
psychanalystes (en 1949, Lévi-Strauss comparait l'art du psychanalyste moderne à celui du chaman de la société traditionnelle, ou encore, à la fin des années 60 Ortigues cherchait à démontrer qu'Oedipe était « aussi » africain, mais on peut aussi penser aux travaux de Roheim, de Bastide ou plus récemment à ceux de Juillerat), il intéresse et questionne aussi les outils conceptuels et cliniques du psy et du médecin d'ici qui ne détient pas le monopole du soin.

 

C'est la raison pour laquelle nous aurons le plaisir d'accueillir Rémi Bordes, Anthropologue, spécialiste du Népal et de la chaîne himalayenne (chercheur rattaché CNRS -laboratoire milieux, culture et société en Himalaya), qui viendra nous parler d'anthropologie de la santé, d'ethnopsychiatrie, et d’ethnomédecine.


Enseignant à l’institut national des langues orientales (INALCO) il viendra nous présenter son terrain à travers l’exemple des rites de possession, de la manière dont le mental, le corporel et le social se nouent. Il existe un authentique système de santé indigène, en partie lié à la médecine ayurvédique, qui possède ses catégories de pensée, sa nosologie et sa thérapeutique propres. Le rôle d’un anthropologue de la santé est précisément de dépasser l’aspect strictement biologique pour mettre à jour le fonctionnement de ces recours et leurs ressorts imaginaires. Une autre réflexion importante consiste à considérer l’interaction de la médecine moderne prodiguée dans les dispensaires de village avec ce système indigène.  Comment deux systèmes de soin a priori très éloignés cohabitent-ils ?

Bibliographie :


BORDES Rémi
2004 “ De la ‘confiance-aveugle’. Interactions de la biomédecine et de la société locale au Népal rural- l’exemple de la formation des intermédiaires ” in Pordié, Laurent (dir.) : Panser le monde, penser les médecines. Essais sur les traditions médicales. Paris, Karthala, coll. Soins d’ici, soins d’ailleurs.
A paraître, Dire les maux. Usages du verbe dans les médecines, direction Rémi Bordes.

BERTI Daniéla
2001    La parole des dieux. Rituels de possession dans
l’Himalaya indien. Paris, CNRS.

BOUILLER Véronique, TARABOUT Gilles (dir.)
2002    Images du corps dans le monde hindou. Paris,
CNRS.

DESJARLAIS Robert
1997 Sensory biographies. Illness and healing among
the Yolmo Sherpa.

ORTIGUES Edmond et Marie Cécile
1973 Oedipe africain, Paris, 10-18.

LEVI_STRAUSS Claude
1949b     « Le sorcier et sa magie », Anthropologie
structurale I, Paris, Plon, 1974 (première   parution
in Les temps modernes, numéro 41, pp. 3-24).

JUILLERAT Bernard
2001    Penser l’imaginaire. Essai d’anthropologie
psychanalytique, Lausanne, Payot.


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